
Karl Sivatte,
président du club de la Presse
Martinique et Christine Kelly, présentatrice
reconnue
de la chaîne d’information LCI
Aux Antilles, précisément en Martinique de grands événements se sont déroulés au cours de ces dernières semaines. La mobilisation a été plus que jamais au rendez-vous. Le 24ème congrès des journalistes, la consultation populaire du 07 décembre, la Journée de lutte contre le sida, le Téléthon, les concerts de jazz, annoncent un bouillonnement, des évènements dans les petites Antilles.

« Informer au-delà des
clichés », thème du Congrès.
Un cliché peut être positif
ou négatif …
« Informer au-delà des clichés », tel était le thème retenu pour ce 24ème Congrès de l’Union des Clubs de la Presse de France et Francophones, organisé sur l’île aux fleurs du 3 au 8 décembre au Kalenda Hotel Resort, le nouveau Méridien, aux Trois Ilets. Embarquement sur un bateau bus, au départ de Fort de France, près de la Savane, direction la rive opposée, l’Anse Bleue, où tout une équipe attend les invités venus de toute la France mais aussi de la Belgique, du Canada, et d’Haïti. L’Union des Clubs de la Presse, présidée par Martine Goubatian, s’élargit d’année en année ; le dernier club en date à avoir intégré l’ Union est la Guyane.
Ce sont plus de 200 congressistes qui se sont mobilisés pour ce grand rendez-vous annuel des professionnels du journalisme et de la communication. L’an dernier, ils étaient reçus à Biarritz. Pour la plupart, il s’agissait de leur premier voyage vers la Caraïbe, pour d’autres l’exotisme n’était pas au rendez-vous. Les 16 ateliers mis en place, les conférences et débats dressaient un vaste champ de réflexion, qui au-delà de la semaine consacrée, sont toujours d’actualité. Se procurer le dernier Courrier International, hors série, qui dédie ses pages à la presse en ligne : il s’agit d’un guide mondial. Il faut dire que les organisateurs, pour la plupart membres du Club de la Presse de la Martinique présidé par Karl Sivatte, ont travaillé dur, pour que tout soit bouclé en temps et en heure. Il fallait aussi répondre de façon intelligente à toutes les charges lancées l’an dernier par les médias concernant la qualité des prestations proposées aux touristes qui s’effeuillait de plus en plus. A ce propos, deux rencontres ont été prévues : « Economie : la Martinique au-delà des clichés », « Tourisme : quelles perspectives pour la Martinique ? » Débarrasser la Martinique et les Martiniquais des préjugés, redonner une image de marque à la destination, pouvaient se lire entre les lignes de ces rencontres.

Les professionnels de
l’information au rendez-vous des ateliers et conférences proposés
Pour toutes les activités liées à ce congrès, il s’agit d’une opération réussie. La presse a été séduite.
Dans un contexte où le pluralisme était de rigueur, on pouvait remarquer l’absence des Guadeloupéens, qui n’avaient pas pu se déplacer, faute d’un club qui recherche ses marques.

La Guyane à l’honneur : « Présentation des
conventions orchestrées avec le Brésil et le Surinam dans le cadre de la
coopération régionale », lors d’un atelier. Frantz Montabon,
président du Club Presse Guyane et Francine George ont tenu la communication.
Le débat a été animé par Adams Kwateh. Reine Azor, Johane Alvarez et Charly
Torez-Martinez, étaient également présents.
Si les thèmes des ateliers
tendaient vers des problématiques universelles, deux devaient retenir
toute l’attention par leur spécificité et se dégager du lot. La
présentation menée par la délégation
guyanaise, présidée par Frantz Montoban, sur les travaux engagés entre la Guyane et le
Brésil, et le Surinam, dans le cadre de la coopération régionale, le sujet de
cet atelier, a suscité beaucoup
d’intérêt, malgré une présence timide des congressistes. La seconde communication devait mettre en
lumière la problématique « Etre journaliste en Haïti ». Deux journalistes haïtiens Pierre Gotson et Ronald Colbert, responsables de Alter Presse,
société d’information haïtienne, ont captivé l’attention de l’auditoire en
dressant la liste des grandes entraves liées à la pratique journalistique. Il s’agit entre autres du
manque de logistique, d’une surveillance
permanente de la part du pouvoir en place, d’une liberté de la presse relative,
etc. … Bref, autant de contraintes liées à
la puissance d’un dictateur.

Une délégation de
journalistes haïtiens fait le point sur
la situation des médias en Haïti
Les grands débats soulevés
n’ont pas eu forcément de réponse appropriée
Proposer un sujet de
réflexion est une chose, trouver des éléments de réponse en est une
autre ; cependant atteindre un objectif, celui de la continuité de la
réflexion, mais aussi la conscience de faire avancer les choses, en est
encore une autre. Et les rencontres sont
déjà prises par le biais du net.
Véritables repères pour le
journaliste, assoiffé de connaissance, les thèmes ont servi de gardes-fous dans
le vaste champ de l’information, de la communication, du journalisme. « Le
poids de l’illustration dans l’information », « Les communicants
font-ils l’information ? », « Quelle liberté pour la
presse ? », « Quel média pour demain ? »,
« Communiquer : oui mais comment ? », « La presse
fait-elle les élections ? »,
« Informer par-delà des faits » sont autant de sujets qui ont conduit les
journalistes et communicants à réfléchir sur leurs conditions de travail, leur
place dans la société, leur statut, leur devoir.
A l’Atrium, les clichés sont
mis à mal
Le rendez-vous du 6 décembre, à l’Atrium, pour une séance plénière ouverte au public, a déchaîné les passions, parfois les frustrations, ou encore les dénonciations sur le pouvoir de la presse et des gens qui la dirigent. Cependant les questions de chacun pouvaient se lire sur les visages : « Qu’est ce qui va être dit, et comment va se dérouler la séance ? », « Y aura t-il des dénonciations fondées ou non, à l’heure de la consultation populaire ? », « La balance va-t-elle pencher vers des considérations politiques ?», « A quelles sauces seront mangés les invités ? ».

La star de la télévision,
TF1, Patrick Poivre d’Arvor, invité d’honneur du 24ème congrès de
l’Union, en Martinique, a partagé ses expériences de journaliste
Si le déroulement de ce
congrès a été convivial, c’est bien grâce à
« l’humilité » que se réserve
tout journaliste digne de ce nom. « La non-humilité », thème
abordé dans le documentaire de Denis de Montgolfier, conçu pour le congrès,
présenté en prélude du débat et qui mettait en avant 7 péchés capitaux
reprochés aux/par les journalistes. « Humilité », mot prononcé par
Patrick Poivre d’Arvor, délégué général de l’information de TF1, surtout une
star, qui s’est déplacé en Martinique pour cette occasion, devait sonner la
clôture de ce débat. Patrick Poivre
d’Arvor, un des grands témoins invités sur le plateau qui accueillait aussi des
personnalités telles que Antoine Spire,
Bertrand Labasse, François Xavier Vershave,
et surtout Christine Kelly, dont la brillante présence a été remarquée.
« Informer au-delà
des clichés », reste un thème
majeur, qui a poussé la réflexion au plus haut niveau et dont il faudra
prolonger les contours par le biais de
moyens de communications divers et variés.
Johane Alvarez